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D’une superficie de 1 850 ha,
le vignoble jurassien possède cependant une grande diversité
de terroirs. La notoriété des vins du Jura s’appuie
depuis toujours sur une image forte de terroir et sur la préservation
de pratiques culturales et œnologiques traditionnelles. À
la fin du XIXe siècle, 20 000 hectares de vigne s’étendaient
dans tout le département. Après l’anéantissement
du vignoble par le phylloxera, les vignerons jurassiens reconstruisirent
avec courage une nouvelle viticulture de qualité. Leurs efforts
furent récompensés avec l’obtention de la première
AOC à Arbois en 1936.
Outre le climat, le sous-sol et les cépages, le savoir-faire
du vigneron prend ici une part prépondérante dans les
choix de vinification et d’élevage, avec un terroir omniprésent.
La diversité est sans doute ce qui caractérise le mieux
le vignoble jurassien : 5 cépages, 6 AOC, environ 200 exploitations
professionnelles aux profils variés et enfin une riche gamme
de produits accompagnant toutes les occasions. Ainsi, vins rouges
et rosés, vins blancs et vin Jaune pour les vins tranquilles,
mais aussi effervescents (Crémant du Jura), liquoreux (Vin
de Paille), mistelles (Macvin du Jura), marcs et autres fines constituent
la plus large palette qu’un vignoble puisse offrir. Caractère,
richesse et diversité, générosité et typicité...
des qualificatifs qui définissent admirablement les vins jurassiens.
Le Poulsard
Il est aussi appelé Ploussard
à Arbois et Pupillin. C’est un cépage typiquement
jurassien qui se développa à partir du XVe siècle.
Il apprécie les terres fortes, marneuses ou argileuses avec
une préférence pour les marnes du lias.
C’est le deuxième cépage le plus répandu
avec 20 à 25% de la surface plantée et 80% de l’encépagement
en rouge du Jura. Ses grappes sont peu serrées mais volumineuses.
Sucrés et juteux, ses grains à jus blanc sont assez
gros, ovoïdes à pellicule fine avec des nuances de violet
et de noir.
Ce cépage se caractérise surtout par ses grandes feuilles
très découpées. Ses vins ont des couleurs pelures
d’oignons, les vins sont fins aux tanins fins.
Le Pinot noir
Importé dans le Jura dès
le XVe siècle par le Comte Jean de Chalon, dit l’Antique,
héritier du Château d’Arlay, le pinot noir a toujours
figuré parmi les bons plants et apprécie les sols graveleux.
Il est souvent le premier cépage à parvenir à
maturité mais il craint les gelées. Ses feuilles sont
de tailles moyennes et plus larges que longues à petites dents
arrondies. Ses grappes sont assez petites et cylindriques avec des
grains serrés, très noirs et assez petits.
Il représente aujourd’hui environ 8 à 10 % de
l’encépagement du vignoble jurassien avec un rendement
moyen de 35 à 50 hl
Le Trousseau
Le Trousseau est un cépage probablement
d’origine comtoise remontant aux environs du XVIIIe siècle.
D’après Charles Rouget, ampélographe célèbre,
le terme "trousseau" proviendrait de l’aspect "troussé"
ou ramassé de son raisin. Il représente environ 5% de
l’encépagement du vignoble car c’est un cépage
exigeant sur son terroir. Il a besoin davantage de soleil que les
autres cépages et requiert des sols graveleux assez chauds
ou des marnes peu profondes. Plant assez tardif, ses feuilles sont
arrondies et prennent une couleur rougeâtre à l’automne.
Ses grappes sont presque cylindriques et de taille moyenne. Ses grains
sont d’un noir intense qui donne un vin coloré, tannique
et de longue garde.
Le Chardonnay
Second cépage commun avec la
Bourgogne voisine, le Chardonnay est cultivé dans le Jura depuis
le Xè siècle sous des noms aussi divers que Melon d’Arbois,
Moular à Poligny ou Gamay blanc dans le sud du vignoble. A
la fin du XIXe, il couvre environ 1700 hecatres sur des sols calcaires
qu’il affectionne particulièrement. A l’instauration
des AOC, il arrive en tête avec environ 45% de l’encépagement.
Il est encore actuellement le cépage le plus répandu
avec un taux d’occupation d’environ 50% et un rendement
moyen de 55 hectolitres par hectare. C’est un plant qui s’adapte
assez bien à tous les types de sols et pour preuve, il est
également planté dans d’autres régions
viticoles comme la Bourgogne, la Champagne et dans le monde.
Ses feuilles sont moyennes, minces et légèrement ciselées.
Ses grappes sont de taille moyenne avec des petits grains sphériques
à pellicule fine, translucide qui arrivent à maturité
vers mi-septembre.
Le Savagnin
C’est un cépage typiquement
jurassien dans le sens où il s’extériorise à
merveille sur le terroir du Jura pour produire le fameux vin jaune.
L’origine du savagnin, cousin des Traminer alsaciens, est mal
connue. Il pourrait provenir d’Autriche ou de Hongrie. Lors
des croisades, il aurait été envoyé par des religieuses
hongroises aux abbesses de Château-Chalon. Le cépage
Savagnin représente actuellement 15% de l’encépagement
avec environ 300 hectares. Ses feuilles sont d’un vert foncé,
rondes ou à trois lobes peu marqués et de taille moyenne.
Ses grappes sont courtes et petites, ses raisins sont charnus, petits
et ronds avec une peau épaisse. Il est souvent vendangé
en fin de campagne car il mûrit lentement, environ 15 jours
après les autres cépages.
Les particularités des vins du jura : Mis à
part le vin rouge, blanc et rosé, il y trois vins étonnant
en Jura : le Vin de Paille, le Vin Jaune et le Macvin.
Le Vin de Paille
L’élaboration particulière
du Vin de Paille et les arômes qu’il développe
en font un vin remarquable. Ses grappes sont sélectionnées
avec la plus grande attention afin de ne retenir que les plus beaux
fruits. On les laisse ensuite se déshydrater plusieurs mois
dans une pièce sèche et aérée.
Un nectar de patience !
Le vin de paille dispose d’une mention traditionnelle qui traduit
une méthode d’élaboration très particulière.
On retrouve cette mention pour les AOC Côtes du Jura, Arbois
et l’Étoile. Le rendement de base du Vin de Paille est
fixé à 20 hectolitres par hectare. Les raisins doivent
sécher pendant une durée minimum de six semaines soit
sur un lit de paille, dont il tire l’origine de son nom, soit
sur des claies, soit suspendus afin de réaliser une sélection
des plus beaux grains. L’objectif est d’obtenir une concentration
naturelle des baies de raisins.
Les locaux de stockage sont aérés mais non chauffés.
Entre Noël et la fin février, après pressurage
des baies déshydratées regorgeant de sucre, on obtient
15 à 18 litres de moût pour 100 kilos de raisins. Une
fermentation lente qui s’achève naturellement donne un
vin naturellement doux qui titre entre 14,5° et 17° d’alcool.
Il vieillira ensuite trois années en petits tonneaux pour développer
ses arômes de fruits confits, pruneau, miel, caramel, ou orange
confite.
Le Vin Jaune
Le vin Jaune est considéré
comme l’un des plus grands vins du monde. Château-Chalon
est son vignoble natal mais il est également produit en appellation
Arbois, L’Étoile et en Côtes du Jura. Sa couleur
est jaune or, d’où son nom. Il doit sa renommée
à ses qualités organoleptiques ainsi qu’à
son élaboration aussi originale que mystérieuse.Un vin
de roi pour le roi des vins !
Le Vin Jaune fait l’objet d’un élevage spécifique
car une fois la fermentation achevée, il doit être conservé
au minimum six ans et trois mois en fûts de chêne sans
soutirage ni ouillage ( combler avec du vin la part des anges). Durant
son vieillissement, un voile de levures se développe en surface
et préserve le vin de l’oxydation en le privant de contact
avec l’air ambiant. Ce sont ces levures qui permettent au vin
jaune d’obtenir mystérieusement ses caractéristiques
organoleptiques si complexes. Une fois le vieillissement terminé,
il est mis en bouteille spécifique et unique, appelée
"clavelin".
Le Clavelin ne contient que 62 cl. Cette originalité s’expliquant
par le fait qu’un litre de jus de raisin se réduit globalement
à 62 cl de vin jaune à la fin de son vieillissement.
Le clavelin est la seule bouteille autorisée pour le conditionnement
du Vin Jaune. Vin exceptionnel, certaines de ses bouteilles sont plus
que centenaires. La plus ancienne dégustée était
de 1774 ! « Ce vin blanc doit être servi à
14°, il est puissant ample aux arômes oxydés de noix.
Il peut déstabilisé le dégustateur novice.
Vin blanc ample long puissant qui prend toute la bouche avec une rétro
minéralité
Vin tranchant et ample à boire sur de la volaille épicée
ou du veau à la crème fraîche.
Le Macvin du Jura
L’appellation Macvin du Jura,
obtenue par décret le 14 novembre 1991, couvre l’ensemble
des aires d’AOC des vins du Jura et représente 3% de
la production totale AOC jurassienne. Étonnant Macvin du Jura
Le Macvin du Jura appartient au club français très fermé
des mistelles (ou vins de liqueur) d’AOC, le seul à être
issu d’une eau de vie de raisin et non de vin. Connu depuis
le XIVe siècle, le Macvin du Jura est obtenu à partir
de jus de raisin non fermentés, les moûts, auquel on
intègre un tiers de marc. Il est élevé au minimum
pendant 12 mois en fûts de chêne et doit présenter
entre 16° et 22° d’alcool pour obtenir l’AOC.
Les cinq cépages jurassiens,Trousseau, Poulsard, Pinot Noir,
Chardonnay et Savagnin, répertoriés dans l’AOC
"Côtes du Jura" sont tous autorisés dans la
production de moûts destinés au Macvin du Jura. Le Macvin
du Jura peut donc être blanc ou rouge bien que la plupart des
vignerons le produisent blanc. L’eau de vie de marc utilisée
pour la fabrication du Macvin du Jura est obtenue par la distillation
du marc du Jura. Elle doit rester au moins 18 mois en fûts de
chêne avant l’élaboration du Macvin du Jura.
« Le Macvin est similaire au pineau des charentes, il peut être
blanc ou rouge. Le blanc peut accompagner une tarte à la mirabelle
ou au poire, le rouge le chocolat
Vin de liqueur blanc gourmand avec une rétro olfaction aux
arômes de mirabelle et de chocolat. Vin d'apéritif ou
de dessert.